Les monnaies numériques de banque centrale, ou la guerre contre l’argent liquide

par Kristoffer Mousten Hansen (7 décembre 2020)

Photo par Alice Pasqual sur Unsplash

2020 est une année écrasée par les mauvaises nouvelles. Pendant que les États du monde entier ont imposé des contraintes extrêmement destructrices sur la vie économique et promettent une “grande remise à zéro” (great reset) qui a tous les airs d’un grand bond vers un avenir socialiste, les banques centrales présentent leurs plans pour mettre en place des monnaies numériques de banque centrale (central bank digital currencies, CBDC). Elles pourraient arriver dès l’année prochaine. Mais quel est le motif réel de cette innovation ? Des rapports publiés récemment par la Banque des règlements internationaux et par la Banque centrale européenne donnent certaines réponses. Ces rapports sont un aperçu saisissant des théories et des idéologies qui animent ces banquiers centraux en faveur de monnaies numériques.

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Pourquoi les monnaies numériques de banque centrale sont une mauvaise idée

par Tomas Forgac (30 novembre 2020)

Photo par Niv Singer sur Unsplash

On essaie de nous vendre les monnaies numériques de banque centrale (central bank digital currencies, CDBC) comme une façon de protéger les consommateurs qui, de plus en plus, font des paiements avec d’autres moyens que l’argent liquide. Mais certains observateurs préviennent que payer sans argent liquide nous privera des avantages des espèces quant à la vie privée, tout en nous exposant aux risques de paniques bancaires, de dysfonctionnements des réseaux de paiement et de manœuvres hostiles d’entités étrangères.

Même si ces risques sont réels, ils seraient négligeables si les interventions sur le marché n’étaient pas aussi nombreuses de la part des banques centrales et des régulateurs financiers. Les monnaies numériques de banque centrale ne feront qu’aggraver ces interventions ; et elles en rendront possibles de toutes nouvelles, et beaucoup plus dangereuses.

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Pourquoi le plan de sauvetage européen semble voué à l’échec

par Daniel Lacalle (16 juin 2020)

Photo par James Lee sur Unsplash

Le plan de relance économique de 750 milliards d’euros, tel qu’annoncé par la Commission européenne, a été salué dans l’euphorie par beaucoup d’analystes macro-économiques et de banques d’investissement. Nous devons cependant rester prudents. Pourquoi ? Beaucoup diront qu’une réponse rapide et décisive à la crise, avec une injection de liquidités visant à éviter un effondrement financier ainsi que de fortes mesures fiscales pour consolider le sauvetage, est une mesure absolument positive. Mais l’histoire et l’expérience nous montrent que le risque de déception n’est pas mince, quant à un impact positif sur l’économie réelle.

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Non, Hayek n’a pas soutenu le régime Pinochet

par J. Edward Britton (15 mai 2020)

En histoire, les idées fausses restent fausses, même si on les répète souvent. Après tout, les idées légendaires ont le pouvoir de captiver ceux qui sont déjà idéologiquement convaincus, et avec une efficacité que l’histoire véritable ne saurait atteindre. Une de ces idées fausses, que les critiques progressistes du marché libre se sont souvent appropriée, est le lien supposé entre le régime de Pinochet et le célèbre économiste autrichien Friedrich Hayek. Une analyse historique rationnelle des termes mêmes de Hayek permet de réfuter l’affirmation selon laquelle il aurait été un ami de Pinochet, dès lors qu’on fait l’effort de ne pas se contenter de remarques informelles, et qu’on s’attache à une véritable recherche universitaire.

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Les communistes européens aimeraient rendre les marchés et le “néolibéralisme” responsables du COVID-19

par Fabrizio Ferrari (8 mai 2020)

Photo par Taras Chernus sur Unsplash

Alors que la pandémie de COVID-19 s’étend au monde entier, beaucoup d’experts gauchistes et de politiciens communistes attribuent son extension à ce qu’ils prétendent être les défauts intrinsèques du néolibéralisme — qu’ils assimilent à la mondialisation, au laissez faire, à l’absence de solidarité et à la hausse des inégalités. Pourtant, toutes leurs affirmations et théories sont soit factuellement fausses, soit sans aucun sens sur le plan logique et praxéologique.

La mondialisation, c’est une coopération sociale améliorée

Tout d’abord, les gauchistes et communistes antimondialistes ne semblent pas comprendre clairement ce qu’est vraiment la mondialisation : un cadre économique et institutionnel dans lequel, simultanément, la production économique (biens de consommation et services) et les facteurs de production (marchandises, travail et capital) peuvent se déplacer et circuler mondialement avec une liberté relative.

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Trois raisons de craindre que la zone euro se rétablisse mal

par Daniel Lacalle (11 mai 2020)

Photo par Wolfgang Hasselmann sur Unsplash

Tout le monde s’attend à ce que l’économie de la zone euro s’effondre en 2020. Dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie, le déclin, de plus de 9%, sera sans doute supérieur à celui d’économies émergentes. Cependant, il est crucial de comprendre comment et quand les économies de la zone euro pourront se rétablir.

Il y a trois raisons de s’inquiéter :

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Le plan Marshall, ce mythe qui ne veut pas mourir

par José Niño (5 mai 2020)

Photo par Chris Hall sur Unsplash

Certains mythes politiques ont la vie dure.

Les classes dirigeantes nous rappellent constamment que l’aide internationale serait cruciale pour faire sortir hors de la pauvreté les pays en voie de développement. Avec la baguette magique de la dépense publique, il suffirait d’envoyer de l’argent aux pays en voie de développement pour les libérer de leur torpeur économique. Cette histoire a déjà été entendue à l’échelle nationale, lorsque des politiciens ont soutenu des plans de transfert de richesse, dans l’intention affichée d’“investir” dans des régions des États-Unis qui se trouvaient économiquement aux abois. Vu la pente universaliste de la politique américaine, la logique redistributive nationale est inévitablement transposée au niveau international.

Le mythe de l’aide internationale perdure à travers les références constantes des politiciens au plan Marshall, source d’inspiration pour tous les nouveaux projets d’aide internationale. Le plan Marshall était le programme de soutien économique aux pays d’Europe occidentale après la Seconde guerre mondiale. Selon l’opinion commune, la capacité de l’Europe à rebondir après le désastre de la Seconde guerre mondiale est largement due aux dépenses d’assistance du plan Marshall, qui se sont élevées à plus de 100 milliards (exprimés en dollars 2018).

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La liberté individuelle doit prévaloir, même si les guerriers du COVID disent l’inverse

par Patrick Barron (2 mai 2020)

Photo par Graeme Nicholl sur Unsplash

De 2009 à 2012, j’ai assuré à l’université de l’Iowa un cours d’introduction à l’école autrichienne d’économie. Le premier jour, je disais à mes étudiants que l’école autrichienne modifierait la façon dont ils voient le monde, pas seulement d’un point de vue économique, mais d’un point de vue plus général. Plus rien ne leur apparaîtrait de la même façon. Ils apprendraient à penser par eux-mêmes et à ne plus céder à la propagande de l’État, aux médias de masse ni aux opinions mal assurées de leurs amis et connaissances. Bien sûr, cela ne leur assurerait pas un très grand succès dans les soirées !

Individualisme méthodologique contre collectivisme

Je leur expliquais que la science économique est un sous-ensemble de la science de l’action humaine. Toute action est individuelle, subjective et vise un certain but.

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Pour éviter l’effondrement de la zone euro, l’Europe tend à devenir un super-État

par Frank Hollenbeck (2 mai 2020)

Photo par Micah Williams sur Unsplash

Le président français Macron a récemment envoyé un tir de sommation en direction de la gouvernance européenne. Il a déclaré qu’à moins de rendre tous les pays de l’Union européenne mutuellement responsables des dettes de chacun de ses membres, l’U.E. pourrait s’effondrer. En mars, Christine Lagarde a demandé aux ministres des Finances de la zone euro d’envisager l’émission ponctuelle et coordonnée de “coronabonds” pour accompagner la lutte contre la pandémie de coronavirus. Mais cette proposition a suscité l’opposition de l’Allemagne et des autres pays d’Europe du Nord, qui ne souhaitent pas être responsables des dettes des États les plus dépensiers de l’U.E.

Avant la crise, l’Italie avait un ratio dette/P.B.I. de 135%. Bien qu’elle ait eu plus d’une décennie pour réduire sa dette après la crise de 2008, l’Italie n’a cessé de repousser la résolution de ce problème. Sans troubles graves ni révolte des électeurs, les politiciens ne prendront jamais la dette au sérieux et leurs pays échoueront immanquablement à la réduire.

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Relier Bitcoin aux travaux de Mises

par Robert P. Murphy (29 avril 2020)

[Traduction partielle d’un article intitulé « Bitcoin et la théorie de la monnaie ».]

Photo par tangi bertin sur Unsplash

Il nous faut répondre à une controverse sur les liens entre Bitcoin et l’œuvre monétaire du célèbre économiste autrichien Ludwig von Mises. Dans son livre clé de 1912, traduit sous le titre La théorie de la monnaie et du crédit, Mises reprend la nouvelle théorie de la valeur subjective — introduite au début des années 1870 par plusieurs économistes, dont Carl Menger, fondateur de l’école autrichienne — et il l’applique à la valeur de la monnaie elle-même.

Les économistes précédents pensaient que cette approche ne fonctionnerait pas, car elle paraissait impliquer un raisonnement circulaire. Il semblait logique d’utiliser la pensée de Menger pour expliquer, par exemple, la valeur des pommes de terre ou du vin : les gens estimaient en toute subjectivité la satisfaction fournie par ces biens, et cela permettait de comprendre leur valeur d’échange sur le marché.

Mais quand il s’agissait d’expliquer la valeur de marché — ou le pouvoir d’achat — de la monnaie elle-même, la théorie de la valeur subjective de Menger semblait une impasse, car la seule raison pour laquelle on attribue une valeur à la monnaie est qu’elle vous permet d’acheter des choses sur le marché. Les économistes semblaient contraints de dire que les gens accordent une valeur à la monnaie parce que les gens accordent une valeur à la monnaie. C’était un raisonnement circulaire, et voilà pourquoi la plupart des économistes utilisaient la théorie de la valeur subjective de Menger pour expliquer la valeur sur le marché de tous les biens et services, à l’exception de la monnaie.

Pourtant, dans son ouvrage de 1912, Mises montre qu’il existe une issue à cette impasse apparente.

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