Relier Bitcoin aux travaux de Mises

par Robert P. Murphy (29 avril 2020)

[Traduction partielle d’un article intitulé « Bitcoin et la théorie de la monnaie ».]

Photo par tangi bertin sur Unsplash

Il nous faut répondre à une controverse sur les liens entre Bitcoin et l’œuvre monétaire du célèbre économiste autrichien Ludwig von Mises. Dans son livre clé de 1912, traduit sous le titre La théorie de la monnaie et du crédit, Mises reprend la nouvelle théorie de la valeur subjective — introduite au début des années 1870 par plusieurs économistes, dont Carl Menger, fondateur de l’école autrichienne — et il l’applique à la valeur de la monnaie elle-même.

Les économistes précédents pensaient que cette approche ne fonctionnerait pas, car elle paraissait impliquer un raisonnement circulaire. Il semblait logique d’utiliser la pensée de Menger pour expliquer, par exemple, la valeur des pommes de terre ou du vin : les gens estimaient en toute subjectivité la satisfaction fournie par ces biens, et cela permettait de comprendre leur valeur d’échange sur le marché.

Mais quand il s’agissait d’expliquer la valeur de marché — ou le pouvoir d’achat — de la monnaie elle-même, la théorie de la valeur subjective de Menger semblait une impasse, car la seule raison pour laquelle on attribue une valeur à la monnaie est qu’elle vous permet d’acheter des choses sur le marché. Les économistes semblaient contraints de dire que les gens accordent une valeur à la monnaie parce que les gens accordent une valeur à la monnaie. C’était un raisonnement circulaire, et voilà pourquoi la plupart des économistes utilisaient la théorie de la valeur subjective de Menger pour expliquer la valeur sur le marché de tous les biens et services, à l’exception de la monnaie.

Pourtant, dans son ouvrage de 1912, Mises montre qu’il existe une issue à cette impasse apparente.

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Nous ne savons pas encore si la crise du COVID-19 sera inflationniste ou déflationniste

par Michael J. Hoffman (28 avril 2020)

Photo par Malcolm Lightbody sur Unsplash

J’ai écrit récemment sur les implications économiques du COVID-19 et sur les effets qu’il aura sur l’économie. Le débat est vif pour savoir si ce choc d’approvisionnement entraînera obligatoirement une inflation, ou si la demande agrégée chutera et causera donc une déflation. Mon opinion est qu’aucune de ces deux hypothèses ne se réalisera dans son sens habituel — il ne s’agit pas ici pour moi de prédire l’issue finale, mais simplement d’illustrer la complexité de la monnaie et de ses effets sur les prix. Ce « choc du coronavirus » évoque ce que j’ai appelé le kaléidoscope monétaire.

Cette formule vient d’une métaphore employée par l’économiste autrichien Ludwig Lachmann, où il compare les formes toujours changeantes de l’activité économique aux formes apparemment aléatoires et imprévisibles qu’on peut voir dans un kaléidoscope. À son avis, c’est une erreur de croire que l’économie tend toujours vers un équilibre, et que des forces contre-balançantes soient toujours à l’œuvre. Il est vrai que dans une économie complexe il y a beaucoup de variables en jeu, et l’une des variables les plus difficiles à comprendre est celle de la monnaie et de ses effets sur la structuration des prix.

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Mettre fin aux confinements non pas pour l’argent, mais pour sauver des vies

par Gary Galles (25 avril 2020)

Photo par Ani Kolleshi sur Unsplash

Le rapport entre les fins et les moyens est un sujet débattu depuis toujours. Savoir si « la fin justifie les moyens » est une question déjà posée dans l’Électre de Sophocle, au IVe siècle avant Jésus-Christ, dans les Héroïdes d’Ovide, ou encore dans Le Prince de Machiavel. Plus récemment, Leonard Read remarquait que si les fins sont des espoirs qui, en fait, ne seront pas réalisés, elles ne sauraient justifier que leurs moyens empiètent sur les droits des autres.

Actuellement, les politiques draconiennes et souvent arbitraires qui ont été imposées en réponse au COVID-19 ont suscité, au vu d’une situation bien moins létale que cela n’était d’abord envisagé, de nouvelles questions sur les fins et les moyens.

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La crise du COVID-19 met l’Union européenne au bord du précipice

par Philipp Bagus (25 avril 2020)

Photo par Imelda sur Unsplash

La zone euro est une gigantesque machine à redistribution monétaire. Différents États indépendants peuvent financer leurs dépenses au moyen de déficits qui sont monétisés, directement ou indirectement, par une unique planche à billets. Plus précisément, la Banque centrale européenne (B.C.E.) peut acheter des obligations d’État de la zone euro directement auprès des acteurs du marché, ou les accepter comme garantie à ses prêts, ce qui, en pratique, augmente la masse monétaire. Par cette monétisation, un État peut faire porter une partie du coût de son déficit sur les citoyens d’autres États de la zone euro, à travers une baisse du pouvoir d’achat de l’euro. Cette situation ressemble beaucoup à une tragédie des biens communs. La ressource qui est ici mise en commun est le pouvoir d’achat de l’euro, exploité par différents acteurs. Ces acteurs sont les États de la zone euro. Ils émettent des dettes, ce qui entraîne une augmentation de la masse monétaire. En entretenant un déficit supérieur à celui de ses voisins, un État de la zone euro peut vivre à leurs dépens.

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Les banques centrales et la crise qui vient : de la déflation à la stagflation

par Daniel Lacalle (22 avril 2020)

Photo par Robert Metz sur Unsplash

Dans le monde entier, les gouvernements et les banques centrales répondent à la crise pandémique par trois types de mesures :

  • des injections massives de liquidités et des baisses de taux d’intérêt, visant à soutenir les marchés et le crédit ;
  • des mesures fiscales sans précédent, destinées à fournir des prêts ou des aides à l’économie réelle ;
  • des mesures de dépense publique massive, en particulier sous forme de dépenses courantes et de soutien.

Ces mesures peuvent cependant entraîner des problèmes plus profonds que ceux qu’elles sont censées résoudre.

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