Pourquoi les monnaies numériques de banque centrale sont une mauvaise idée

par Tomas Forgac (30 novembre 2020)

Photo par Niv Singer sur Unsplash

On essaie de nous vendre les monnaies numériques de banque centrale (central bank digital currencies, CDBC) comme une façon de protéger les consommateurs qui, de plus en plus, font des paiements avec d’autres moyens que l’argent liquide. Mais certains observateurs préviennent que payer sans argent liquide nous privera des avantages des espèces quant à la vie privée, tout en nous exposant aux risques de paniques bancaires, de dysfonctionnements des réseaux de paiement et de manœuvres hostiles d’entités étrangères.

Même si ces risques sont réels, ils seraient négligeables si les interventions sur le marché n’étaient pas aussi nombreuses de la part des banques centrales et des régulateurs financiers. Les monnaies numériques de banque centrale ne feront qu’aggraver ces interventions ; et elles en rendront possibles de toutes nouvelles, et beaucoup plus dangereuses.

Continuer la lecture de « Pourquoi les monnaies numériques de banque centrale sont une mauvaise idée »

Pourquoi le plan de sauvetage européen semble voué à l’échec

par Daniel Lacalle (16 juin 2020)

Photo par James Lee sur Unsplash

Le plan de relance économique de 750 milliards d’euros, tel qu’annoncé par la Commission européenne, a été salué dans l’euphorie par beaucoup d’analystes macro-économiques et de banques d’investissement. Nous devons cependant rester prudents. Pourquoi ? Beaucoup diront qu’une réponse rapide et décisive à la crise, avec une injection de liquidités visant à éviter un effondrement financier ainsi que de fortes mesures fiscales pour consolider le sauvetage, est une mesure absolument positive. Mais l’histoire et l’expérience nous montrent que le risque de déception n’est pas mince, quant à un impact positif sur l’économie réelle.

Continuer la lecture de « Pourquoi le plan de sauvetage européen semble voué à l’échec »

Les communistes européens aimeraient rendre les marchés et le “néolibéralisme” responsables du COVID-19

par Fabrizio Ferrari (8 mai 2020)

Photo par Taras Chernus sur Unsplash

Alors que la pandémie de COVID-19 s’étend au monde entier, beaucoup d’experts gauchistes et de politiciens communistes attribuent son extension à ce qu’ils prétendent être les défauts intrinsèques du néolibéralisme — qu’ils assimilent à la mondialisation, au laissez faire, à l’absence de solidarité et à la hausse des inégalités. Pourtant, toutes leurs affirmations et théories sont soit factuellement fausses, soit sans aucun sens sur le plan logique et praxéologique.

La mondialisation, c’est une coopération sociale améliorée

Tout d’abord, les gauchistes et communistes antimondialistes ne semblent pas comprendre clairement ce qu’est vraiment la mondialisation : un cadre économique et institutionnel dans lequel, simultanément, la production économique (biens de consommation et services) et les facteurs de production (marchandises, travail et capital) peuvent se déplacer et circuler mondialement avec une liberté relative.

Continuer la lecture de « Les communistes européens aimeraient rendre les marchés et le “néolibéralisme” responsables du COVID-19 »

Trois raisons de craindre que la zone euro se rétablisse mal

par Daniel Lacalle (11 mai 2020)

Photo par Wolfgang Hasselmann sur Unsplash

Tout le monde s’attend à ce que l’économie de la zone euro s’effondre en 2020. Dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie, le déclin, de plus de 9%, sera sans doute supérieur à celui d’économies émergentes. Cependant, il est crucial de comprendre comment et quand les économies de la zone euro pourront se rétablir.

Il y a trois raisons de s’inquiéter :

Continuer la lecture de « Trois raisons de craindre que la zone euro se rétablisse mal »

Le plan Marshall, ce mythe qui ne veut pas mourir

par José Niño (5 mai 2020)

Photo par Chris Hall sur Unsplash

Certains mythes politiques ont la vie dure.

Les classes dirigeantes nous rappellent constamment que l’aide internationale serait cruciale pour faire sortir hors de la pauvreté les pays en voie de développement. Avec la baguette magique de la dépense publique, il suffirait d’envoyer de l’argent aux pays en voie de développement pour les libérer de leur torpeur économique. Cette histoire a déjà été entendue à l’échelle nationale, lorsque des politiciens ont soutenu des plans de transfert de richesse, dans l’intention affichée d’“investir” dans des régions des États-Unis qui se trouvaient économiquement aux abois. Vu la pente universaliste de la politique américaine, la logique redistributive nationale est inévitablement transposée au niveau international.

Le mythe de l’aide internationale perdure à travers les références constantes des politiciens au plan Marshall, source d’inspiration pour tous les nouveaux projets d’aide internationale. Le plan Marshall était le programme de soutien économique aux pays d’Europe occidentale après la Seconde guerre mondiale. Selon l’opinion commune, la capacité de l’Europe à rebondir après le désastre de la Seconde guerre mondiale est largement due aux dépenses d’assistance du plan Marshall, qui se sont élevées à plus de 100 milliards (exprimés en dollars 2018).

Continuer la lecture de « Le plan Marshall, ce mythe qui ne veut pas mourir »

La liberté individuelle doit prévaloir, même si les guerriers du COVID disent l’inverse

par Patrick Barron (2 mai 2020)

Photo par Graeme Nicholl sur Unsplash

De 2009 à 2012, j’ai assuré à l’université de l’Iowa un cours d’introduction à l’école autrichienne d’économie. Le premier jour, je disais à mes étudiants que l’école autrichienne modifierait la façon dont ils voient le monde, pas seulement d’un point de vue économique, mais d’un point de vue plus général. Plus rien ne leur apparaîtrait de la même façon. Ils apprendraient à penser par eux-mêmes et à ne plus céder à la propagande de l’État, aux médias de masse ni aux opinions mal assurées de leurs amis et connaissances. Bien sûr, cela ne leur assurerait pas un très grand succès dans les soirées !

Individualisme méthodologique contre collectivisme

Je leur expliquais que la science économique est un sous-ensemble de la science de l’action humaine. Toute action est individuelle, subjective et vise un certain but.

Continuer la lecture de « La liberté individuelle doit prévaloir, même si les guerriers du COVID disent l’inverse »

Pour éviter l’effondrement de la zone euro, l’Europe tend à devenir un super-État

par Frank Hollenbeck (2 mai 2020)

Photo par Micah Williams sur Unsplash

Le président français Macron a récemment envoyé un tir de sommation en direction de la gouvernance européenne. Il a déclaré qu’à moins de rendre tous les pays de l’Union européenne mutuellement responsables des dettes de chacun de ses membres, l’U.E. pourrait s’effondrer. En mars, Christine Lagarde a demandé aux ministres des Finances de la zone euro d’envisager l’émission ponctuelle et coordonnée de “coronabonds” pour accompagner la lutte contre la pandémie de coronavirus. Mais cette proposition a suscité l’opposition de l’Allemagne et des autres pays d’Europe du Nord, qui ne souhaitent pas être responsables des dettes des États les plus dépensiers de l’U.E.

Avant la crise, l’Italie avait un ratio dette/P.B.I. de 135%. Bien qu’elle ait eu plus d’une décennie pour réduire sa dette après la crise de 2008, l’Italie n’a cessé de repousser la résolution de ce problème. Sans troubles graves ni révolte des électeurs, les politiciens ne prendront jamais la dette au sérieux et leurs pays échoueront immanquablement à la réduire.

Continuer la lecture de « Pour éviter l’effondrement de la zone euro, l’Europe tend à devenir un super-État »

Nous ne savons pas encore si la crise du COVID-19 sera inflationniste ou déflationniste

par Michael J. Hoffman (28 avril 2020)

Photo par Malcolm Lightbody sur Unsplash

J’ai écrit récemment sur les implications économiques du COVID-19 et sur les effets qu’il aura sur l’économie. Le débat est vif pour savoir si ce choc d’approvisionnement entraînera obligatoirement une inflation, ou si la demande agrégée chutera et causera donc une déflation. Mon opinion est qu’aucune de ces deux hypothèses ne se réalisera dans son sens habituel — il ne s’agit pas ici pour moi de prédire l’issue finale, mais simplement d’illustrer la complexité de la monnaie et de ses effets sur les prix. Ce « choc du coronavirus » évoque ce que j’ai appelé le kaléidoscope monétaire.

Cette formule vient d’une métaphore employée par l’économiste autrichien Ludwig Lachmann, où il compare les formes toujours changeantes de l’activité économique aux formes apparemment aléatoires et imprévisibles qu’on peut voir dans un kaléidoscope. À son avis, c’est une erreur de croire que l’économie tend toujours vers un équilibre, et que des forces contre-balançantes soient toujours à l’œuvre. Il est vrai que dans une économie complexe il y a beaucoup de variables en jeu, et l’une des variables les plus difficiles à comprendre est celle de la monnaie et de ses effets sur la structuration des prix.

Continuer la lecture de « Nous ne savons pas encore si la crise du COVID-19 sera inflationniste ou déflationniste »

Mettre fin aux confinements non pas pour l’argent, mais pour sauver des vies

par Gary Galles (25 avril 2020)

Photo par Ani Kolleshi sur Unsplash

Le rapport entre les fins et les moyens est un sujet débattu depuis toujours. Savoir si « la fin justifie les moyens » est une question déjà posée dans l’Électre de Sophocle, au IVe siècle avant Jésus-Christ, dans les Héroïdes d’Ovide, ou encore dans Le Prince de Machiavel. Plus récemment, Leonard Read remarquait que si les fins sont des espoirs qui, en fait, ne seront pas réalisés, elles ne sauraient justifier que leurs moyens empiètent sur les droits des autres.

Actuellement, les politiques draconiennes et souvent arbitraires qui ont été imposées en réponse au COVID-19 ont suscité, au vu d’une situation bien moins létale que cela n’était d’abord envisagé, de nouvelles questions sur les fins et les moyens.

Continuer la lecture de « Mettre fin aux confinements non pas pour l’argent, mais pour sauver des vies »

La crise du COVID-19 met l’Union européenne au bord du précipice

par Philipp Bagus (25 avril 2020)

Photo par Imelda sur Unsplash

La zone euro est une gigantesque machine à redistribution monétaire. Différents États indépendants peuvent financer leurs dépenses au moyen de déficits qui sont monétisés, directement ou indirectement, par une unique planche à billets. Plus précisément, la Banque centrale européenne (B.C.E.) peut acheter des obligations d’État de la zone euro directement auprès des acteurs du marché, ou les accepter comme garantie à ses prêts, ce qui, en pratique, augmente la masse monétaire. Par cette monétisation, un État peut faire porter une partie du coût de son déficit sur les citoyens d’autres États de la zone euro, à travers une baisse du pouvoir d’achat de l’euro. Cette situation ressemble beaucoup à une tragédie des biens communs. La ressource qui est ici mise en commun est le pouvoir d’achat de l’euro, exploité par différents acteurs. Ces acteurs sont les États de la zone euro. Ils émettent des dettes, ce qui entraîne une augmentation de la masse monétaire. En entretenant un déficit supérieur à celui de ses voisins, un État de la zone euro peut vivre à leurs dépens.

Continuer la lecture de « La crise du COVID-19 met l’Union européenne au bord du précipice »