Pourquoi les monnaies numériques de banque centrale sont une mauvaise idée

par Tomas Forgac (30 novembre 2020)

Photo par Niv Singer sur Unsplash

On essaie de nous vendre les monnaies numériques de banque centrale (central bank digital currencies, CDBC) comme une façon de protéger les consommateurs qui, de plus en plus, font des paiements avec d’autres moyens que l’argent liquide. Mais certains observateurs préviennent que payer sans argent liquide nous privera des avantages des espèces quant à la vie privée, tout en nous exposant aux risques de paniques bancaires, de dysfonctionnements des réseaux de paiement et de manœuvres hostiles d’entités étrangères.

Même si ces risques sont réels, ils seraient négligeables si les interventions sur le marché n’étaient pas aussi nombreuses de la part des banques centrales et des régulateurs financiers. Les monnaies numériques de banque centrale ne feront qu’aggraver ces interventions ; et elles en rendront possibles de toutes nouvelles, et beaucoup plus dangereuses.

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Les communistes européens aimeraient rendre les marchés et le “néolibéralisme” responsables du COVID-19

par Fabrizio Ferrari (8 mai 2020)

Photo par Taras Chernus sur Unsplash

Alors que la pandémie de COVID-19 s’étend au monde entier, beaucoup d’experts gauchistes et de politiciens communistes attribuent son extension à ce qu’ils prétendent être les défauts intrinsèques du néolibéralisme — qu’ils assimilent à la mondialisation, au laissez faire, à l’absence de solidarité et à la hausse des inégalités. Pourtant, toutes leurs affirmations et théories sont soit factuellement fausses, soit sans aucun sens sur le plan logique et praxéologique.

La mondialisation, c’est une coopération sociale améliorée

Tout d’abord, les gauchistes et communistes antimondialistes ne semblent pas comprendre clairement ce qu’est vraiment la mondialisation : un cadre économique et institutionnel dans lequel, simultanément, la production économique (biens de consommation et services) et les facteurs de production (marchandises, travail et capital) peuvent se déplacer et circuler mondialement avec une liberté relative.

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Relier Bitcoin aux travaux de Mises

par Robert P. Murphy (29 avril 2020)

[Traduction partielle d’un article intitulé « Bitcoin et la théorie de la monnaie ».]

Photo par tangi bertin sur Unsplash

Il nous faut répondre à une controverse sur les liens entre Bitcoin et l’œuvre monétaire du célèbre économiste autrichien Ludwig von Mises. Dans son livre clé de 1912, traduit sous le titre La théorie de la monnaie et du crédit, Mises reprend la nouvelle théorie de la valeur subjective — introduite au début des années 1870 par plusieurs économistes, dont Carl Menger, fondateur de l’école autrichienne — et il l’applique à la valeur de la monnaie elle-même.

Les économistes précédents pensaient que cette approche ne fonctionnerait pas, car elle paraissait impliquer un raisonnement circulaire. Il semblait logique d’utiliser la pensée de Menger pour expliquer, par exemple, la valeur des pommes de terre ou du vin : les gens estimaient en toute subjectivité la satisfaction fournie par ces biens, et cela permettait de comprendre leur valeur d’échange sur le marché.

Mais quand il s’agissait d’expliquer la valeur de marché — ou le pouvoir d’achat — de la monnaie elle-même, la théorie de la valeur subjective de Menger semblait une impasse, car la seule raison pour laquelle on attribue une valeur à la monnaie est qu’elle vous permet d’acheter des choses sur le marché. Les économistes semblaient contraints de dire que les gens accordent une valeur à la monnaie parce que les gens accordent une valeur à la monnaie. C’était un raisonnement circulaire, et voilà pourquoi la plupart des économistes utilisaient la théorie de la valeur subjective de Menger pour expliquer la valeur sur le marché de tous les biens et services, à l’exception de la monnaie.

Pourtant, dans son ouvrage de 1912, Mises montre qu’il existe une issue à cette impasse apparente.

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