Les communistes européens aimeraient rendre les marchés et le “néolibéralisme” responsables du COVID-19

par Fabrizio Ferrari (8 mai 2020)

Photo par Taras Chernus sur Unsplash

Alors que la pandémie de COVID-19 s’étend au monde entier, beaucoup d’experts gauchistes et de politiciens communistes attribuent son extension à ce qu’ils prétendent être les défauts intrinsèques du néolibéralisme — qu’ils assimilent à la mondialisation, au laissez faire, à l’absence de solidarité et à la hausse des inégalités. Pourtant, toutes leurs affirmations et théories sont soit factuellement fausses, soit sans aucun sens sur le plan logique et praxéologique.

La mondialisation, c’est une coopération sociale améliorée

Tout d’abord, les gauchistes et communistes antimondialistes ne semblent pas comprendre clairement ce qu’est vraiment la mondialisation : un cadre économique et institutionnel dans lequel, simultanément, la production économique (biens de consommation et services) et les facteurs de production (marchandises, travail et capital) peuvent se déplacer et circuler mondialement avec une liberté relative.

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Trois raisons de craindre que la zone euro se rétablisse mal

par Daniel Lacalle (11 mai 2020)

Photo par Wolfgang Hasselmann sur Unsplash

Tout le monde s’attend à ce que l’économie de la zone euro s’effondre en 2020. Dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie, le déclin, de plus de 9%, sera sans doute supérieur à celui d’économies émergentes. Cependant, il est crucial de comprendre comment et quand les économies de la zone euro pourront se rétablir.

Il y a trois raisons de s’inquiéter :

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La liberté individuelle doit prévaloir, même si les guerriers du COVID disent l’inverse

par Patrick Barron (2 mai 2020)

Photo par Graeme Nicholl sur Unsplash

De 2009 à 2012, j’ai assuré à l’université de l’Iowa un cours d’introduction à l’école autrichienne d’économie. Le premier jour, je disais à mes étudiants que l’école autrichienne modifierait la façon dont ils voient le monde, pas seulement d’un point de vue économique, mais d’un point de vue plus général. Plus rien ne leur apparaîtrait de la même façon. Ils apprendraient à penser par eux-mêmes et à ne plus céder à la propagande de l’État, aux médias de masse ni aux opinions mal assurées de leurs amis et connaissances. Bien sûr, cela ne leur assurerait pas un très grand succès dans les soirées !

Individualisme méthodologique contre collectivisme

Je leur expliquais que la science économique est un sous-ensemble de la science de l’action humaine. Toute action est individuelle, subjective et vise un certain but.

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Pour éviter l’effondrement de la zone euro, l’Europe tend à devenir un super-État

par Frank Hollenbeck (2 mai 2020)

Photo par Micah Williams sur Unsplash

Le président français Macron a récemment envoyé un tir de sommation en direction de la gouvernance européenne. Il a déclaré qu’à moins de rendre tous les pays de l’Union européenne mutuellement responsables des dettes de chacun de ses membres, l’U.E. pourrait s’effondrer. En mars, Christine Lagarde a demandé aux ministres des Finances de la zone euro d’envisager l’émission ponctuelle et coordonnée de “coronabonds” pour accompagner la lutte contre la pandémie de coronavirus. Mais cette proposition a suscité l’opposition de l’Allemagne et des autres pays d’Europe du Nord, qui ne souhaitent pas être responsables des dettes des États les plus dépensiers de l’U.E.

Avant la crise, l’Italie avait un ratio dette/P.B.I. de 135%. Bien qu’elle ait eu plus d’une décennie pour réduire sa dette après la crise de 2008, l’Italie n’a cessé de repousser la résolution de ce problème. Sans troubles graves ni révolte des électeurs, les politiciens ne prendront jamais la dette au sérieux et leurs pays échoueront immanquablement à la réduire.

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Nous ne savons pas encore si la crise du COVID-19 sera inflationniste ou déflationniste

par Michael J. Hoffman (28 avril 2020)

Photo par Malcolm Lightbody sur Unsplash

J’ai écrit récemment sur les implications économiques du COVID-19 et sur les effets qu’il aura sur l’économie. Le débat est vif pour savoir si ce choc d’approvisionnement entraînera obligatoirement une inflation, ou si la demande agrégée chutera et causera donc une déflation. Mon opinion est qu’aucune de ces deux hypothèses ne se réalisera dans son sens habituel — il ne s’agit pas ici pour moi de prédire l’issue finale, mais simplement d’illustrer la complexité de la monnaie et de ses effets sur les prix. Ce « choc du coronavirus » évoque ce que j’ai appelé le kaléidoscope monétaire.

Cette formule vient d’une métaphore employée par l’économiste autrichien Ludwig Lachmann, où il compare les formes toujours changeantes de l’activité économique aux formes apparemment aléatoires et imprévisibles qu’on peut voir dans un kaléidoscope. À son avis, c’est une erreur de croire que l’économie tend toujours vers un équilibre, et que des forces contre-balançantes soient toujours à l’œuvre. Il est vrai que dans une économie complexe il y a beaucoup de variables en jeu, et l’une des variables les plus difficiles à comprendre est celle de la monnaie et de ses effets sur la structuration des prix.

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Mettre fin aux confinements non pas pour l’argent, mais pour sauver des vies

par Gary Galles (25 avril 2020)

Photo par Ani Kolleshi sur Unsplash

Le rapport entre les fins et les moyens est un sujet débattu depuis toujours. Savoir si « la fin justifie les moyens » est une question déjà posée dans l’Électre de Sophocle, au IVe siècle avant Jésus-Christ, dans les Héroïdes d’Ovide, ou encore dans Le Prince de Machiavel. Plus récemment, Leonard Read remarquait que si les fins sont des espoirs qui, en fait, ne seront pas réalisés, elles ne sauraient justifier que leurs moyens empiètent sur les droits des autres.

Actuellement, les politiques draconiennes et souvent arbitraires qui ont été imposées en réponse au COVID-19 ont suscité, au vu d’une situation bien moins létale que cela n’était d’abord envisagé, de nouvelles questions sur les fins et les moyens.

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La crise du COVID-19 met l’Union européenne au bord du précipice

par Philipp Bagus (25 avril 2020)

Photo par Imelda sur Unsplash

La zone euro est une gigantesque machine à redistribution monétaire. Différents États indépendants peuvent financer leurs dépenses au moyen de déficits qui sont monétisés, directement ou indirectement, par une unique planche à billets. Plus précisément, la Banque centrale européenne (B.C.E.) peut acheter des obligations d’État de la zone euro directement auprès des acteurs du marché, ou les accepter comme garantie à ses prêts, ce qui, en pratique, augmente la masse monétaire. Par cette monétisation, un État peut faire porter une partie du coût de son déficit sur les citoyens d’autres États de la zone euro, à travers une baisse du pouvoir d’achat de l’euro. Cette situation ressemble beaucoup à une tragédie des biens communs. La ressource qui est ici mise en commun est le pouvoir d’achat de l’euro, exploité par différents acteurs. Ces acteurs sont les États de la zone euro. Ils émettent des dettes, ce qui entraîne une augmentation de la masse monétaire. En entretenant un déficit supérieur à celui de ses voisins, un État de la zone euro peut vivre à leurs dépens.

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Les banques centrales et la crise qui vient : de la déflation à la stagflation

par Daniel Lacalle (22 avril 2020)

Photo par Robert Metz sur Unsplash

Dans le monde entier, les gouvernements et les banques centrales répondent à la crise pandémique par trois types de mesures :

  • des injections massives de liquidités et des baisses de taux d’intérêt, visant à soutenir les marchés et le crédit ;
  • des mesures fiscales sans précédent, destinées à fournir des prêts ou des aides à l’économie réelle ;
  • des mesures de dépense publique massive, en particulier sous forme de dépenses courantes et de soutien.

Ces mesures peuvent cependant entraîner des problèmes plus profonds que ceux qu’elles sont censées résoudre.

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