Non, Hayek n’a pas soutenu le régime Pinochet

par J. Edward Britton (15 mai 2020)

En histoire, les idées fausses restent fausses, même si on les répète souvent. Après tout, les idées légendaires ont le pouvoir de captiver ceux qui sont déjà idéologiquement convaincus, et avec une efficacité que l’histoire véritable ne saurait atteindre. Une de ces idées fausses, que les critiques progressistes du marché libre se sont souvent appropriée, est le lien supposé entre le régime de Pinochet et le célèbre économiste autrichien Friedrich Hayek. Une analyse historique rationnelle des termes mêmes de Hayek permet de réfuter l’affirmation selon laquelle il aurait été un ami de Pinochet, dès lors qu’on fait l’effort de ne pas se contenter de remarques informelles, et qu’on s’attache à une véritable recherche universitaire.

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La liberté individuelle doit prévaloir, même si les guerriers du COVID disent l’inverse

par Patrick Barron (2 mai 2020)

Photo par Graeme Nicholl sur Unsplash

De 2009 à 2012, j’ai assuré à l’université de l’Iowa un cours d’introduction à l’école autrichienne d’économie. Le premier jour, je disais à mes étudiants que l’école autrichienne modifierait la façon dont ils voient le monde, pas seulement d’un point de vue économique, mais d’un point de vue plus général. Plus rien ne leur apparaîtrait de la même façon. Ils apprendraient à penser par eux-mêmes et à ne plus céder à la propagande de l’État, aux médias de masse ni aux opinions mal assurées de leurs amis et connaissances. Bien sûr, cela ne leur assurerait pas un très grand succès dans les soirées !

Individualisme méthodologique contre collectivisme

Je leur expliquais que la science économique est un sous-ensemble de la science de l’action humaine. Toute action est individuelle, subjective et vise un certain but.

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Relier Bitcoin aux travaux de Mises

par Robert P. Murphy (29 avril 2020)

[Traduction partielle d’un article intitulé « Bitcoin et la théorie de la monnaie ».]

Photo par tangi bertin sur Unsplash

Il nous faut répondre à une controverse sur les liens entre Bitcoin et l’œuvre monétaire du célèbre économiste autrichien Ludwig von Mises. Dans son livre clé de 1912, traduit sous le titre La théorie de la monnaie et du crédit, Mises reprend la nouvelle théorie de la valeur subjective — introduite au début des années 1870 par plusieurs économistes, dont Carl Menger, fondateur de l’école autrichienne — et il l’applique à la valeur de la monnaie elle-même.

Les économistes précédents pensaient que cette approche ne fonctionnerait pas, car elle paraissait impliquer un raisonnement circulaire. Il semblait logique d’utiliser la pensée de Menger pour expliquer, par exemple, la valeur des pommes de terre ou du vin : les gens estimaient en toute subjectivité la satisfaction fournie par ces biens, et cela permettait de comprendre leur valeur d’échange sur le marché.

Mais quand il s’agissait d’expliquer la valeur de marché — ou le pouvoir d’achat — de la monnaie elle-même, la théorie de la valeur subjective de Menger semblait une impasse, car la seule raison pour laquelle on attribue une valeur à la monnaie est qu’elle vous permet d’acheter des choses sur le marché. Les économistes semblaient contraints de dire que les gens accordent une valeur à la monnaie parce que les gens accordent une valeur à la monnaie. C’était un raisonnement circulaire, et voilà pourquoi la plupart des économistes utilisaient la théorie de la valeur subjective de Menger pour expliquer la valeur sur le marché de tous les biens et services, à l’exception de la monnaie.

Pourtant, dans son ouvrage de 1912, Mises montre qu’il existe une issue à cette impasse apparente.

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Mettre fin aux confinements non pas pour l’argent, mais pour sauver des vies

par Gary Galles (25 avril 2020)

Photo par Ani Kolleshi sur Unsplash

Le rapport entre les fins et les moyens est un sujet débattu depuis toujours. Savoir si « la fin justifie les moyens » est une question déjà posée dans l’Électre de Sophocle, au IVe siècle avant Jésus-Christ, dans les Héroïdes d’Ovide, ou encore dans Le Prince de Machiavel. Plus récemment, Leonard Read remarquait que si les fins sont des espoirs qui, en fait, ne seront pas réalisés, elles ne sauraient justifier que leurs moyens empiètent sur les droits des autres.

Actuellement, les politiques draconiennes et souvent arbitraires qui ont été imposées en réponse au COVID-19 ont suscité, au vu d’une situation bien moins létale que cela n’était d’abord envisagé, de nouvelles questions sur les fins et les moyens.

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